CtW Investment Group s'insurge à propos de la rémunération des dirigeants d'Activision Blizzard

Trop, c'est trop ?
JudgeHype | 24/07/2020 à 13h38 - 16

Ce n'est pas la première fois que le salaire de Robert Kotick fait la une des journaux à cause du niveau élevé de son salaire annuel. Aujourd'hui, C'est le CtW Investment Group qui fait à nouveau parler de lui et qui met en avant un calcul de rémunération qui, selon eux, n'a pas lieu d'être et nécessite d'être réévalué.


Trop, c'est trop

Fondée en 2006, cette organisation conseille plusieurs caisses de retraite syndicales aux États-Unis et s'est donnée pour mission de contacter les entreprises en cas de comportement contraire à une certaine éthique. Ces dernières années, CtW a déjà mis en avant les pratiques douteuses de Uber et McDonald's en matière de rémunération des dirigeants, mais aussi Amazon en raison de problèmes liés à la sécurité de ses employés.

En juin dernier, CtW encourageait les investisseurs d'Activision Blizzard à voter non lors du Say-on-Pay, une règle en droit des sociétés qui permet aux actionnaires de voter pour ou contre la rémunération des dirigeants.

Activision Blizzard est la cible de la société depuis un certain temps, CtW estimant qu'il y a depuis longtemps des problèmes de gouvernance. En 2020, elle a décidé de crier un peu plus fort son mécontentement, en pointant notamment du doigt les énormes avantages en actions que reçoivent les CEO et autres membres du comité de direction.
Robert Kotick a touché un salaire annuel d'un montant de 1,75 million de dollars en 2019. Mais en ajoutant ses bonus, la somme grimpe à plus de 30 millions de dollars. Cette pratique consistant à offrir des actions est habituelle dans les grandes sociétés américaines. Il en va de même chez Electronics Arts, où le CFO Blake Jorgensen a touché 850.000$ de salaire de base en 2018, mais aussi 16,5 millions de bonus en actions.

Chez les grandes sociétés, on estime que ces bonus sont indispensables pour garder les dirigeants qui pourraient partir voir ailleurs à la moindre occasion. Lorsque le cours de l'action d'une entreprise se porte bien, elles diront qu'elles attribuent des récompenses à leurs dirigeants pour les garder afin de pérenniser cette solide performance. Il en va de même pour lorsque le cours de l'action est plus faible, mais cette fois, les dirigeants reçoivent des récompenses pour les inciter à travailler dur et à améliorer la santé de l'entreprise. 

Dans le cas d'Activision Blizzard, CtW estime néanmoins que les choses sont allées trop loin que son CEO s'enrichit de multiple façons sans raison valable. CtW met en exergue un élément du contrat de Kotick signé en novembre 2016. Ce dernier indique que si le cours de l'action à la clôture d'Activision Blizzard est au moins deux fois supérieur à la moyenne du cours de clôture du dernier trimestre de 2016 pendant 90 jours consécutifs avant le 31 décembre 2021, Kotick se verra attribuer des actions des années précédentes. 

Pour comprendre cela, CtW prend un exemple : "C'est comme perdre une course 4 années de suite aux Jeux Olympiques, puis gagner la 5ème. Au lieu de recevoir une médaille d'or pour cette cinquième année, vous en obtenez cinq, une pour cette année et quatre pour les courses que vous avez perdues. Cela n'a aucun sens. Peu importe si c'est durable ou non. C'est juste injuste." 

Dans une lettre envoyée à Activision Blizzard, CtW fait référence au licenciement massif annoncé en février 2019, pointant du doigt que cela a été de pair avec une rémunération massive des dirigeants. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un élément déterminant, cela a néanmoins allumé des signaux d'alerte, d'autant plus que l'industrie vidéoludique est assez unique dans sa façon de procéder. Il n'est pas rare de demander à des employés de travailler sans relâche jusqu'à la fin d'un projet puis de les licencier une fois ce dernier terminé.


Vers une prise de conscience des actionnaires ?

Le travail de CtW semble commencer à porter ses fruits. Lors de la réunion annuelle d'Activision Blizzard, 43,2% des actionnaires ont voté contre la proposition de rémunération des dirigeants, le nombre le plus élevé de l'histoire de l'entreprise. Pour vous donner une idée, la valeur est en moyenne de 90% pour les sociétés du S&P 500 (un indice boursier reprenant 500 grandes entreprises cotées aux États-Unis), et seules 12,6% des sociétés descendent sous les 80%. 

Chez Activison Blizzard, on est descendu sous les 60%, ce qui signifie qu'il y a une certaine agitation chez les actionnaires. Il faut maintenant voir si la société changera quelque chose. Dans le cas contraire, les actionnaires pourraient continuer à se manifester de plus en plus.

Chez CtW, on estime que lorsqu'un CEO est engagé, sa rémunération doit repartir d'une base et non pas démarrer au même niveau de salaire que le CEO précédent. Promouvoir le poste en interne permet aussi de réduire les salaires, là où aller chercher un CEO ailleurs coûte systématiquement bien plus. 

L'idée que les cadres doivent être rémunérés au-delà du programme de rémunération ordinaire est une erreur complète. Les entreprises soutiennent qu'elles doivent bien payer leurs dirigeants pour les retenir, mais ce n'est pas le cas. C'est là que ça commence: défendre la cause, combattre cette sagesse conventionnelle et l'exposer pour ce qu'elle est. 

Source : Gamesindustry
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