La SEC américaine dévoile les secrets du rachat d'Activision Blizzard par Microsoft

Parachutes dorés, négociations et dates-clés
JudgeHype | 24/02/2022 à 21h39 - 26

Dans un rapport envoyé à la  Securities and Exchange Commission, le gendarme de la bourse américaine, on apprend de nouveaux éléments du rachat d'Activision Blizzard par Microsoft. Cela concerne notamment des détails sur les offres effectuées par le géant de Redmond, mais également sur les parachutes dorés dont pourraient bénéficier plusieurs membres du comité de direction d'Activision Blizzard, y compris Bobby Kotick, dans le cas où le deal se solderait par un échec.


Microsoft met la pression, Activision négocie

Le document donne des détails sur la façon dont Microsoft a négocié avec Activision Blizzard. Tout a débuté avec un appel le 19 novembre 2021 de Phil Spencer, le grand gourou de la division Xbox et du Gaming chez Microsoft, soit seulement trois jours après l'article du Wall Street Journal dans lequel Kotick est accusé d'avoir fermé les yeux dans plusieurs affaires de harcèlement.

Plusieurs coups de fil ont eu lieu entre les pontes de Microsoft et d'Activision Blizzard, y compris avec Satya Nadella, le CEO. Au départ, Microsoft offrait 80$ par action, mais ce n'était manifestement pas suffisant pour Activision. D'autres investisseurs, y compris privés, se sont semble-t-il manifestés mais sans qu'on ait d'informations précises à ce sujet.

Au fil des jours, Microsoft est revenu à la charge, avec notamment une offre à 90$ par action en laissant seulement trois jours de réflexion au comité de direction. Du côté d'Activision, on a cherché à avoir plus, à savoir 100$/action, mais les différents responsables de la société ont autorisé Kotick à négocier pour finalement arriver au prix de 95$ par action. L'accord a été décidé le 18 décembre, avec un contrat qui fut signé seulement deux jours plus tard, le 20 décembre.


Microsoft prend les commandes, ou presque

Le document de la SEC donne des détails sur l'état actuel de la situation. Puisqu'Activision a accepté l'offre de Microsoft, la société n'est plus libre d'agir comme bon lui semble. Elle peut évidemment poursuivre ses opérations et prendre certaines décisions, mais elle doit aussi s'assurer de respecter plusieurs règles.

Activision Blizzard s'abstiendra, et fera en sorte que chacune de ses filiales (à l'exception de certaines entités de coentreprises spécifiées et de l'étendue des obligations d'Activision Blizzard à leur égard) s'abstienne, entre autres choses, de :

  • modifier ou changer de quelque manière que ce soit les documents d'organisation d'Activision Blizzard ou de l'une de ses filiales, à l'exception, en ce qui concerne ses filiales détenues à 100 %, des modifications immatérielles ou ministérielles ;
  • liquider, dissoudre ou réorganiser ;
  • émettre, vendre, livrer ou attribuer des actions ou des options, des bons de souscription, des engagements, des souscriptions ou des droits d'achat d'actions ou de titres similaires d'Activision Blizzard ou de l'une de ses filiales, sous réserve de certaines exceptions, notamment pour l'émission et la vente d'actions ordinaires Activision Blizzard dans le cadre d'options Activision Blizzard ou d'attributions d'actions Activision Blizzard conformément à leurs conditions ;
  • sauf en consultation avec Microsoft, licencier un employé au niveau de senior vice-président ou supérieur (sauf pour cause) ou embaucher un nouvel employé au niveau de senior vice-président ou supérieur ;
  • conclure, adopter, amender (y compris l'accélération de l'acquisition des droits), modifier ou résilier tout plan d'avantages sociaux des employés ;
  • régler, libérer, renoncer ou compromettre certaines procédures judiciaires ;
  • conclure, modifier ou résilier certains contrats autrement que dans le cours normal des affaires ;
  • renoncer à, accorder ou transférer tout droit matériel d'Activision Blizzard ou de ses filiales ;
  • procéder à certains licenciements affectant tout site d'emploi ou employé situé aux États-Unis ;
  • reconnaître volontairement tout syndicat, comité d'entreprise ou organisation similaire de salariés ou conclure une convention collective ;
  • s'engager dans un nouveau secteur d'activité qui ne soit pas raisonnablement lié aux secteurs d'activité existants d'Activision Blizzard et de ses filiales à la date de l'accord de fusion ;
  • conclure, autoriser ou s'engager à conclure un accord visant à prendre l'une des mesures susmentionnées.


Des parachutes dorés en cas de rupture de contrat

Dans le cas où Microsoft déciderait de se séparer de plusieurs des hauts responsables d'Activision Blizzard, ces derniers toucheraient un sacré pactole, si tant est qu'on leur demande de prendre la porte dans les 12 mois qui suivent la fusion.

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, Kotick recevrait 14 millions de dollars en cash. Ce n'est cependant pas le mieux loti puisque Daniel Alegre, COO, toucherait pour sa part 29 millions de dollars, dont 23 millions en actions. Armin Zerza, CFO, est à peine moins bien placé avec 25 millions de dollars.

Ne vous en faites quand même pas trop pour ce pauvre Bobby, le document de la SEC signale également qu'il recevra 22 millions de dollars en action s'il valide un meta haut fait applique une série de mesures destinées à améliorer la situation cauchemardesque d'Activision au niveau des ressources humaines, avec en ligne de mire l'augmentation de 50% du nombre de femmes et personnes non-binaires.

On notera aussi que si Microsoft se rétracte pour une raison ou pour une autre, ou encore que la FTC annule la fusion, Activision repartira avec quelques milliards de dollars de pourboire. Tout va bien pour les milliardaires, ne vous inquiétez pas.

Source : SEC
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