Le Wall Street Journal accable Bobby Kotick dans les affaires de harcèlement chez Activision

Toutes les infos ainsi que la réaction d'Activision
JudgeHype | 17/11/2021 à 10h15 - 43

Le Wall Street Journal vient de lâcher une bombe. D'après le célèbre média, Bobby Kotick aurait été au courant, depuis plusieurs années, des problèmes de harcèlement sexuel au sein d'Activision Blizzard. D'après plusieurs sources, le CEO aurait non seulement passé sous silence certains faits nouveaux dénoncés par le WSJ, mais serait aussi la source de certains problèmes.


Jennifer Oneal et la perte de confiance envers Activision

Si peu d'entre-vous connaissaient Jennifer Oneal avant son arrivée en tant que co-responsable de Blizzard Entertainment, son récent départ en a étonné plus d'un. L'ancienne responsable de Vicarious Visions, à qui ont doit Diablo II: Resurrected, a en effet quitté Blizzard au début du mois, laissant les rennes de la société à Mike Ybarra.

Le Wall Street Journal explique que Jennifer Oneal était loin de se plaire au sein d'Activision, et qu'elle estimait non seulement avoir été harcelée elle aussi, mais ne disposait pas des mêmes avantages que son homologue masculin.

Voici les propos du WSJ à ce sujet :

En août, Activision a nommé une employée de longue date, Jennifer Oneal, co-dirigeante de Blizzard, faisant d'elle la première femme à diriger l'une des unités commerciales de l'entreprise. Le mois suivant, elle a envoyé un e-mail à un membre de l'équipe juridique d'Activision dans lequel elle a confessé un manque de confiance dans le leadership d'Activision pour renverser la culture, affirmant qu'« il était clair que l'entreprise ne donnerait jamais la priorité à nos employés de la bonne manière ». 

Mme Oneal a déclaré dans l'e-mail qu'elle avait été harcelée sexuellement plus tôt dans sa carrière chez Activision, qu'elle était moins payée que son homologue masculin à la tête de Blizzard et qu'elle souhaitait discuter de sa démission. "J'ai été symbolisée, marginalisée et victime de discrimination", a écrit Mme Oneal, qui est américaine d'origine asiatique et homosexuelle.


Robert Kotick protégerait certains employés

D'après le Wall Street Journal, Kotick aurait notamment couvert Dan Bunting, ancien co-responsable du studio Treyarch à qui ont doit de nombreux titres Call of Duty. Dan aurait en effet harcelé sexuellement une employée après une soirée un peu trop arrosée un soir de 2017.

Deux ans plus tard, en 2019, Activision aurait conduit des investigations à ce sujet, recommandant finalement de licencier Dan Bunting. Cependant, Kotick serait intervenu personnellement afin de le protéger. L'année suivante, l'auteur des faits auraient été puni par l'intermédiaire de mesures disciplinaires. D'après un porte-parole d'Activision, néanmoins, l'intervention de Kotick serait fausse car le CEO n'intervient généralement pas dans le recrutement ou le licenciement des employés, ni dans les éventuelles décisions à propos des salaires ou compensations financières.

Plusieurs personnes, familières avec ces dossiers, contredisent néanmoins les faits, indiquant que Kotick approuve le recrutement des profils de haut niveau, ainsi que le salaire des développeurs-clés, et qu'il est au courant des problèmes majeurs de chacun des 12 studios de développement d'Activision, ainsi que de ce qui se passe chez les trois entités majeures.

L'employée a rapporté l'incident à la police, mais aucune charge n'a été retenue envers son supérieur. Notez que Dan Bunting a quitté Treyarch ces derniers jours, suite aux investigations du Wall Street Journal.

Dan Bunting, co-directeur du studio Treyarch d'Activision, a été accusé par une employée de l'avoir harcelée sexuellement en 2017 après une nuit de beuverie, selon des personnes familières avec l'incident. Le département des ressources humaines d'Activision et d'autres superviseurs ont lancé une enquête interne en 2019 et ont recommandé qu'il soit licencié, mais M. Kotick est intervenu pour le garder, ont déclaré ces personnes. M. Bunting, qui a dirigé Treyarch dans la production de plusieurs jeux Call of Duty à succès, a reçu des conseils et a été autorisé à rester dans l'entreprise, ont déclaré ces personnes.


Un viol chez Sledgehammer Games

Un autre studio d'Activision, Sledgehammer Games, aurait été au coeur d'une affaire de viol en 2016 et 2017. En juillet 2018, Robert Kotick aurait ainsi reçu un courrier d'un avocat d'une ancienne employée de Sledgehammer Games. Cette dernière annonce avoir été violée à deux reprises par son supérieur hiérarchique, Javier Panameno, après avoir été forcée de consommer trop d'alcool dans les bureaux et lors d'événements.

L'employée en question a remonté les incidents auprès du département des ressources humaines et à ses superviseurs, mais aucune décision n'aurait été prise d'après l'avocat.

Dans les mois qui ont suivi la réception du courrier, Activision aurait trouvé un accord avec l'employée. Cependant, Kotick se serait abstenu de communiquer les faits au conseil d'administration. Cette affaire serait évidemment malvenue pour Kotick, lui qui explique depuis plusieurs semaines ne pas avoir été au courant des problèmes de harcèlement au sein d'Activision Blizzard.


Blizzard, Ben Kilgore et Mike Morhaime

D'après plusieurs témoignages et courriers recueillis par le Wall Street Journal, Kotick savait que plusieurs affaires de harcèlement ont eu lieu ces dernières années et n'aurait pas expliqué tout ce qu'il savait ni au conseil d'administration, ni aux régulateurs qui ont commencé à investiguer à ce sujet ces derniers mois. 

Si les responsables ont été priés de quitter les studios, il aurait été conseillé aux victimes de ne pas ébruiter l'affaire. Ce fut par exemple le cas de Ben Kilgore, ancien chef de la technologie chez Blizzard, qui aurait été licencié pour harcèlement et mensonge. Il a été licencié en 2018, une décision approuvée par Bobby Kotick.

Peu après, Mike Morhaime a envoyé un courrier aux employés pour remercier Ben Kilgore de ses nombreuses contributions au cours des quatre années passée chez Blizzard. Plusieurs employés ont été étonnés de recevoir un tel message, d'autant plus qu'il ne faisait pas mention des circonstances du départ de Ben Kilgore. 


Alcool et harcèlement des femmes

L'alcool semble avoir joué un rôle prépondérant dans plusieurs affaires. D'après un porte-parole de la société, l'alcool sera bientôt interdit sur les lieux de travail des studios. 

En 2020, une trentaine d'employées liées aux activités de la division eSport d'Activision ont écrit un courrier à leurs responsables respectifs, indiquant que les femmes étaient victimes d'attouchements non désirés, de commentaires désobligeants, d'exclusion de certaines réunions et de commentaires sur leur apparence physique. Kotick aurait été mis au courant de ce courrier.

Du côté d'Activision, un porte-parole affirme qu'après plusieurs réunions avec les représentantes du groupe, la société a pris des mesures afin de promouvoir la diversité et l'inclusion au niveau du leadership des équipes eSports.


Activision Blizzard réagit aux propos du Wall Street Journal

Quelques heures après la publication de l'article, Activision a réagit en publiant un communiqué. Je vous propose de le retrouver ci-dessous.

« Nous sommes déçus par le rapport du Wall Street Journal, qui présente une vision trompeuse d'Activision Blizzard et de notre PDG. Les cas d'inconduite sexuelle portés à son attention ont été traités. Le WSJ ignore les changements importants en cours pour en faire le lieu de travail le plus accueillant et le plus inclusif de l'industrie et il ne tient pas compte des efforts de milliers d'employés qui travaillent dur chaque jour pour être à la hauteur de leurs - et nos - valeurs. Le désir constant d'être meilleur a toujours distingué cette entreprise. C'est pourquoi, sous la direction de M. Kotick, nous avons apporté des améliorations significatives, notamment une politique de tolérance zéro en matière de conduite inappropriée. Et c'est pourquoi nous allons de l'avant avec une concentration, une vitesse et des ressources inébranlables pour continuer à accroître la diversité au sein de notre entreprise et de notre secteur et pour garantir que chaque employé vient au travail en se sentant valorisé, en sécurité, respecté et inspiré. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas le meilleur lieu de travail pour notre équipe. »

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